CAP 21... NATURE
Avec CORINNE LEPAGE
Vous pouvez nous faire part de vos suggestions: cap21nature@hotmail.fr
Cap21, en tant que parti politique environnementaliste prend très à coeur les problèmes d'appauvrissement de la biodiversité, et de dérégulation des écosystèmes naturels. Et ce, parce-que la nature constitue pour nous la vraie richesse de l'humanité, et un atout primordial pour les capacités de développement des générations actuelles et à venir. Qu'il le veuille ou pas, l'homme est intégré à l'écosystème mondial, il bénéficie de ses bienfaits et subit les conséquences de ses destructions.
Cette prise de conscience du coût et de l'impact de nos modes de vie, de notre modèle de développement à court termes, est ce qui nous pousse à soutenir un grand nombre d'actions pour la protection de l'environnement. Et ce, pourvues qu'elles soient étayées par des rapports d'expertises sérieux, et non pas issus de phénomènes nimbistes. C'est pour cela que nous soutenons activement les scientifiques indépendants et que nous prônons avec leur avis le principe de précaution. Pour que développement et écologie deviennent indissociables, nous demandons une politique globale de développement durable et soutenons les entreprises engagées dans l'écodéveloppement.
Pour que les générations à venir trouvent dans la nature les moyens de vivre et de se développer correctement, nous militons pour l'extension des zones protégées qu'elles soient marines ou terrestres, mais aussi pour un renforcement de l'éducation à l'environnement. Car ce n'est qu'en intégrant très tôt les mécanismes complexes des écosystèmes et la richesse que représente la biodiversité, que les futurs citoyens pourront comprendre l'enjeu réel de l'écologie pour l'humanité.
Au niveau national, beaucoup de moyens se trouvent à notre disposition, nous les utilisons et essayons d'être vigilants pour que la nature ne soit plus victime des desiderata de lobbys financiers ou politiques. Nous souhaitons à ce titre que les citoyens se mobilisent mieux, pour que l'intérêt général devienne aussi un moyen de pression.
N'hésitez pas à nous rejoindre dans nos combats, ce sont aussi les vôtres.
Nicolas Semmartin-Bouilhet
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[Traduction : Chloé Meier Woungly-Massaga pour le RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine]
Certains reconnaissent la gravité des problèmes environnementaux, mais considèrent la mondialisation comme un phénomène inévitable. Par conséquent, ils renoncent à envisager un changement de l’essence des mécanismes internationaux ; ils préconisent de faire entrer la Nature sur les marchés mondiaux et de la gérer aux moyen de mécanismes économiques. D’autres, par contre, estiment que la conservation des ressources naturelles exige une autonomie face à la mondialisation, une condition indispensable pour aller vers un développement durable qui ne détruise pas l’environnement. Ces points de vue ont été discutés lors du Congrès latino-américain des parcs nationaux et autres zones protégées, qui s’est tenu du 30 septembre au 6 octobre à Bariloche, en Argentine [1]. Conservation International (CI), une institution transnationale qui travaille dans le domaine de la conservation dans plusieurs pays du continent, a donné un exemple probant de fatalisme face à la mondialisation [2]. Elle a présenté un document intitulé Una tormenta perfecta en la Amazonia [3] – rédigé par Timothy Killeen, un chercheur des Etats-Unis établi en Bolivie depuis plusieurs années et membre de CI– dans lequel sont exposés avec des détails marquants les problèmes environnementaux qui se posent en Amazonie. Son pronostic est terrifiant : selon toutes probabilités, seuls 30 à 40% de l’Amazonie pourront être préservés. L’analyse de CI contient de nombreux exemples de mécanismes pervers de la mondialisation actuelle et de ses effets néfastes sur l’environnement, mais ses propositions trahissent une acceptation fataliste du phénomène. Selon l’organisation, il n’y a pas d’alternatives réelles et possibles face à cette vague mondiale, et il ne reste donc qu’à s’adapter à ses règles ; il faut reconnaître la prédominance des marchés et les influencer par le biais de mécanismes de régulation. Les propositions de l’organisation se basent donc essentiellement sur des mécanismes de marchés, et préconisent notamment de rendre payant les services environnementaux ou de subventionner des systèmes de production plus respectueux de l’environnement. Le hic, c’est qu’une bonne partie des propositions de CI tendent à renforcer le caractère dépendant du développement régional. En effet, beaucoup d’efforts se concentrent sur la vente de crédits pour la fixation du carbone par reboisement, la forêt étant considérée comme une machine à capter les gaz à effet de serre émis dans les pays industrialisés. Au même titre qu’aujourd’hui nous vendons des matières premières, nous vendrions des bons de carbone , qui transformeraient nos terres en bouches d’égout écologiques et permettraient aux pays industrialisés de maintenir leur niveau d’émissions polluantes. Ces mécanismes cantonnent l’Amérique latine dans un rôle d’ amortisseur environnemental global soumis aux aléas d’un marché vert transnational plié aux modes de production capitaliste contemporaine. Cette voie n’apporte pas de changements dans les types de développement, et laisse sans solution la plupart des problèmes actuels, qui vont de la redistribution de la richesse à la nécessité de choisir nos propres options d’industrialisation. Mais la plus grande faiblesse de la proposition de CI est qu’elle semble flotter dans un vide géopolitique. Elle ne dit que peu de choses à propos des règles internationales du commerce, de l’intégration régionale à l’intérieur de l’Amérique latine ou des différentes positions gouvernementales sur le développement et la mondialisation. S’il est vrai que les nouveaux projets d’intégration des réseaux routiers sont examinés, le fait que leur but actuel est de favoriser une immersion encore plus marquée dans les marchés mondiaux ne fait pas l’objet d’une analyse adéquate. Les questions clés comme le rôle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les termes de l’échange commercial ou les flux de capitaux servant au financement de l’extraction des ressources naturelles ne sont pas abordés. En bref, CI se laisse emporter par la tourmente mondiale. Dans l’économie actuelle, les exportations continuent à augmenter. Elles dépendent en majeure partie des ressources naturelles : au Brésil et dans d’autres pays du Cône Sud, les matières premières représentaient 60% des exportations totales de 2005 ; dans les pays andins, elles atteignaient 84,5%. En d’autres termes, plus de la moitié des exportations sont des exportations de ressources naturelles, ce qui engendre une pression énorme sur l’environnement. Le Chili est souvent présenté comme un exemple de gestion économique sérieuse, et la différence avec ses voisins souvent évoquée, mais sous l’angle de l’économie écologique, on observe que plus de 86% des exportations de ce pays concernent des matières premières (ressources naturelles peu traitées), ce qui correspond aux chiffres du Pérou (85%) ou de la Bolivie (89%). Cette dépendance se retrouve dans presque tous les pays. Les plans actuels d’interconnexion des réseaux routiers et énergétiques tendent à renforcer cette tendance puisqu’ils ouvrent à l’exploitation différentes zones vierges, en particulier dans les tropiques, et qu’ils les relient aux ports océaniques. Ces deux aspects font que l’Amérique latine reste enchaînée à la mondialisation. De fait, le niveau de consommation des pays industrialisés et des nouvelles économies à forte croissance, comme la Chine, ne peut être soutenu qu’en convoitant les ressources matérielles et énergétiques du Tiers Monde. Par conséquent cette même trame engendre un type de globalisation permettant ce transfert de ressources. Pour affronter ces problèmes, il faut adopter une autre position face à la mondialisation : la conservation et l’utilisation durable des ressources naturelles n’est possible que moyennant un changement radical dans les styles de développement et de relations à l’échelle planétaire. Toute proposition écologique sérieuse se doit de réclamer un autre type de développement, et par conséquent une autre mondialisation. Il se peut que, dans certains cas, les mécanismes du marché s’avèrent utiles (notamment pour éviter que les entreprises privées fassent porter aux communautés locales et aux municipalités les coûts de la détérioration de l’environnement). Toutefois, il faudra prendre des mesures de fond : la dépendance envers les ressources naturelles ainsi que la consommation d’énergie devront être réduites, et la priorité devra être accordée aux besoins nationaux et régionaux avant de se tourner vers les marchés mondiaux. Dans cette perspective, l’autonomie s’impose comme un concept clé. Il est indispensable de recouvrer une autonomie face à la mondialisation afin de pouvoir tester d’autres modes de développement permettant d’affronter les conditions et les exigences des marchés mondiaux. On ne peut pas persister à accommoder l’environnement aux marchés. C’est à ceux-ci de s’adapter aux impératifs de la préservation de la nature. A partir de là, il s’agit de faire face à des processus tels que la demande en ressources naturelles et la dynamique des marchés financiers internationaux ainsi que leurs institutions politiques. En d’autres termes, il s’agit de récupérer l’autonomie pour ne pas être emportés dans la tourmente. Notes :
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Erosion des sols réduite, ressources en eau préservées, conservation et création de biodiversité ou encore séquestration du carbone, tels sont quelques-uns des effets majeurs des systèmes agroforestiers sur l’environnement. En modifiant le microclimat au bénéfice des cultures sous-jacentes, l’agroforesterie apparaît, par ailleurs, comme une stratégie d’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Enfin, par la diversification des productions qu’ils engendrent, les systèmes agroforestiers offrent également une solution face aux crises.
En septembre dernier, 130 chercheurs originaires de 25 pays ont planché sur le sujet à l’occasion du 2e Symposium international sur les systèmes agroforestiers multistrates à base de cultures pérennes, qui s’est tenu au Costa Rica*. L’enjeu : trouver les ressources nécessaires pour promouvoir ces systèmes, au travers du bilan des résultats de recherche obtenus huit ans après la tenue d’un premier symposium. Il s’agissait également de proposer des mécanismes adéquats pour assurer une juste rétribution aux paysans qui font l’effort d’adopter ces systèmes de production agricoles plus soucieux de l’environnement. Un rôle à jouer dans un environnement en pleine évolution Présents depuis longtemps dans de nombreux pays des régions tropicales, les systèmes agroforestiers stratifiés associent des cultures aux arbres, les unes se développant sous l’ombrage des autres. Il en est ainsi des cultures pérennes telles que le café ou le cacao, cultivées à l’ombre d’arbres fruitiers et/ou forestiers, pouvant constituer ainsi au moins trois strates de végétation. Cependant, avec l’avènement de l’agriculture intensive, il y a 40-50 ans, les agriculteurs ont souvent abandonné cette pratique pour la monoculture qui offre un profit plus rapide. Néanmoins, l’avenir de ce type d’agriculture intensive liée à des apports importants d’intrants extérieurs est, aujourd’hui, fortement limité par des atteintes graves à l’environnement et par des contraintes économiques. Par ailleurs, les temps changent, de même que le climat, et les consciences évoluent. Les consommateurs achètent de plus en plus éthique, écologique, biologique ou encore équitable et sont donc plus à même de payer un surcoût garantissant des produits soucieux de l’environnement et socialement responsables. C’est sur cette scène que les productions issues des systèmes agroforestiers jouent pleinement leur rôle. Une production plus faible valorisée par les services environnementaux rendus Principal frein néanmoins à une conversion massive : le maintien des revenus pour les agriculteurs. En effet, les services environnementaux rendus par ces systèmes sont désormais reconnus, mais la culture ombragée peut offrir une production plus faible que celle des monocultures intensives. C’est souvent le cas, par exemple, pour le caféier arabica cultivé au-dessus de 1 000 m d’altitude. Face à cette contrainte majeure, les chercheurs insistent sur la nécessité de compenser la perte de revenus. A cette fin, deux voies sont essentiellement proposées. La première consiste à rémunérer les producteurs pour les services environnementaux rendus par leurs cultures. Ceci peut être réalisé par l’intermédiaire de labels écologiques tels que ceux concernant l’agriculture biologique ou Rainforest Alliance, déjà présents sur le marché, au travers d’un système de paiement national pour séquestration de carbone, ou encore, plus localement, via le paiement direct par les utilisateurs de services tels qu’une société d’exploitation d’un barrage hydroélectrique rémunérant la protection des sols contre l’érosion. La seconde voie touche à la diversification des productions et la domestication des espèces ligneuses. Il s’agit de rentabiliser ces activités en créant ou en renforçant les filières de valorisation des produits des arbres. Le bois d’œuvre, par exemple, permet d’améliorer le revenu des producteurs de café en période de baisse des prix en Amérique centrale. Il en est de même pour le vin de palme qui joue un rôle majeur dans la durabilité du système cacaoyer en zones forestières en Côte d’Ivoire. La certification : une stratégie à intégrer dans les programmes de développement A l’issue du symposium, il a également été recommandé, dans le cadre d’études et de modèles, d’associer la question de la biodiversité à celle de la productivité des systèmes. En effet, s’il est clairement établi que les systèmes agroforestiers conservent et/ou augmentent la biodiversité de la flore et de la faune, il reste encore à préciser l’impact de la biodiversité en termes de durabilité économique de ces systèmes. Les effets bénéfiques de ces systèmes agroforestiers à l’échelle du paysage, comme par exemple leur rôle dans la connectivité entre aires protégées, doivent également être mieux compris. Concernant les résultats biophysiques existants, des métabases de données les rassemblant permettraient d’organiser l’information, de communiquer sur les méthodologies et les résultats, de mieux valoriser ces résultats et d’identifier les besoins de recherche. Une approche de modélisation éventuellement couplée à l’analyse de ces métabases aiderait à résoudre les questions les plus cruciales telles que les relations entre le rendement de la culture et l’ombrage ou encore l’impact du changement climatique sur les fonctions et services de l’écosystème. Enfin, la certification constitue une stratégie qui pourrait être intégrée au sein même des programmes de développement. Ce processus nécessite néanmoins d’améliorer les bases scientifiques des critères et indicateurs biophysiques et sociaux servant à l’attribution des labels écologiques. * Le symposium a été organisé par le Centro Agronómico Tropical de Investigación y Enseñanza (Catie), le Cirad, l’International Center for Research in Agroforestry (Icraf) et l’université du Pays de Galles. Il fait suite à un premier symposium ayant eu lieu en février 1999, également au Catie, à Turrialba, Costa Rica. |
La Commission européenne a proposé jeudi une réduction drastique des pêches de poissons de grande profondeur dans les eaux territoriales communautaires pour protéger ces espèces menacées selon les scientifiques.
Cette proposition de la Commission, qui doit être discutée par les Etats membres de l'UE les 24 et 25 octobre à Luxembourg, vise à définir les "totaux admissibles de capture" (TAC) et les quotas de pêche par pays de ces espèces pour les années 2007 et 2008.
Pour les poissons les plus menacés comme les requins des grands fonds, les sabres noirs, les lingues bleues, les brosmes et les hoplostètes oranges, Bruxelles recommande de réduire les captures d'un tiers en 2007 et d'autant en 2008.
"Ces espèces, dont la croissance est lente et la capacité de reproduction très basse, sont particulièrement vulnérables à la surexploitation et, selon les scientifiques, elles sont soumises à une pêche dont le caractère n'est pas durable", explique la Commission.
Les poissons des grands fonds vivent au-delà de 400 mètres de profondeur et jusqu'à plus de 2.000 mètres, dans des conditions extrêmes: quasi-absence de lumière et forte pression, qui créent des écosystèmes "très vulnérables aux perturbations", selon les scientifiques.
Il s'agit de poissons de grande taille, jusqu'à 1,50 m pour la lingue bleue, et qui vivent très longtemps, comme l'hoplostète orange qui peut atteindre 150 ans.
L'exploitation commerciale de ces espèces est récente. Elle a commencé au début des années 1990 lorsque les stocks de poissons d'eaux peu profondes se sont raréfiés.
La France, l'Espagne et le Portugal, et dans une moindre mesure le Royaume-Uni et l'Irlande, sont les pays de l'UE qui pêchent le plus les espèces d'eaux profondes, selon la Commission.
L'organisation écologiste WWF a salué l'initiative de la Commission mais a estimé insuffisantes les réductions de capture proposées.
"C'est un pas dans la bonne direction mais qui pourrait s'avérer insuffisant lorsque les données scientifiques précises seront connues", a estimé Simon Cripps, directeur du WWF pour les programmes marins.
La Commission n'applique pas suffisamment "le principe de précaution", a-t-il reproché.
Parallèlement à la question des captures dans les eaux européennes, l'Assemblée générale de l'ONU s'apprête cet automne à examiner un projet de moratoire sur le chalutage de grand fond, qu'elle juge extrêmement destructeur pour l'environnement marin. Le Japon, les Etats-Unis, la Norvège ou l'Australie l'ont déjà interdit dans leurs eaux.
Est visée une des techniques de pêche des espèces de grand fond qui consiste à traîner à plus de 1.000 mètres de fond des chaluts (filets) en forme de poche, munis de rouleaux ou de soufflets d'acier qui broient et vident littéralement le terrain.
Les détracteurs de cette technique "bulldozer" indiquent que seulement 20% des prises sont gardées et que le reste est rejeté à la mer.
A peine 200 bateaux dans le monde s'y consacrent à plein temps, dont une majorité de Russes et d'Européens, selon la Deep Sea Conservation Coalition (DSCC) composée d'une soixantaine d'ONG et organisations scientifiques internationales.
L'UE devrait déterminer d'ici à la semaine prochaine sa position sur ce moratoire.
Les autorités russes prévoient d'ouvrir des poursuites judiciaires contre l'entreprise britannique Shell accusée d'avoir infligé des dommages écologiques sur l'île de Sakhaline, a déclaré jeudi le chef du service russe de contrôle de l'environnement Oleg Mitvol.
"Nous voulons qu'une enquête judiciaire soit ouverte pour chaque arbre détruit, chaque rivière (souillée)", a déclaré Oleg Mitvol, cité par l'agence Interfax.
"Si une enquête judiciaire est lancée pour chaque fait, alors l'entreprise lira le code pénal, comprendra d'elle-même et arrêtera son travail barbare", a ajouté le patron du contrôle des normes environnementales au sein du ministère des Ressources naturelles, connu pour ses déclarations à l'emporte-pièce.
"Le travail sur l'oléoduc ne peut pas continuer. Le projet doit être arrêté", a affirmé M. Mitvol en référence au gigantesque projet pétrolier et gazier Sakhaline 2, dans le collimateur des autorités depuis une semaine.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé jeudi que Moscou et les compagnies étrangères impliquées dans le projet Sakhaline 2 pouvaient trouver un terrain d'entente.
Le Parquet russe a annulé la semaine dernière les résultats d'une expertise écologique effectuée en 2003 pour Sakhaline 2, un projet de 20 milliards de dollars (15,8 milliards d'euros) mené par la Royal Dutch Shell, provoquant un tollé de protestations à l'étranger et particulièrement au Japon.
Sakhaline possède des réserves évaluées à 45 milliards de barils de pétrole destinées à alimenter le marché en pleine expansion d'Asie Pacifique.
La Royal Dutch Shell détient 55% du projet alors que les maisons du commerce japonaises Mitsui et Mitsubishi Corporation en détiennent 25% et 20% respectivement.
La France transmettra à l'Unesco d'ici fin janvier 2007 sa demande d'inscription des coraux de Nouvelle-Calédonie au patrimoine de l'humanité, afin d'assurer la conservation et la transmission d'une incroyable réserve de vies encore méconnues.
Selon le ministère de l'Ecologie, qui prend désormais en charge le dossier préparé sur place depuis deux ans, la protection de l'Unesco devra s'étendre à six zones classées "biens naturels" qui, du nord au sud du territoire d'Outre-mer dans le Pacifique, présentent récifs, barrières et mangroves.
La demande de classement concerne 15.500 km2, soit 60 % du lagon de Nouvelle-Calédonie, dont 1.600 km de barrière corallienne et 800 km2 de récifs, choisis pour leur représentativité.
"La Nouvelle-Calédonie a l'avantage de présenter tous les types récifaux: récifs frangeants (les premiers à se former autour de l'île), barrière et atolls", relève Pascale Chabanet, docteur en environnement marin et chercheuse à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) à Nouméa.
"C'est cette diversité qui crée différents habitats permettant à tellement d'espèces différentes de cohabiter", ajoute-t-elle.
Selon elle, 350 variétés de coraux ont été identifiées en Nouvelle-Calédonie parmi 700 connues dans le monde, ainsi que 1.700 espèces de poissons (sur 3.000 répertoriées dans le Pacifique), sans compter les algues et les mollusques.
"Mais la barrière calédonienne a été peu étudiée jusqu'ici, par rapport à la Grande barrière australienne, un peu mieux connue, où 420 espèces de coraux ont été identifiées", ajoute la chercheuse.
L'idée d'inscrire ces richesses au patrimoine de l'humanité a émergé en 2002 lors de la conférence de l'Union mondiale pour la nature (UICN), à Hanoi.
Depuis 2005, le dossier a été porté par l'Initiative française des récifs coraliens (Ifrecor), dont le comité néo-calédonien rassemble, sous l'autorité du Haut Commissaire de la République, représentants de l'administration, de l'économie locale, scientifiques et ONG.
Cette instance s'est notamment chargée de promouvoir ce dossier auprès des collectivités locales et des communautés calédoniennes. "Il fallait rassurer, expliquer, apaiser les craintes d'être spolié et garantir la possibilité d'une gestion pérenne des biens concernés", indique le ministère de l'Ecologie.
"Il ne suffit pas de décréter, il faut ensuite s'assurer de la réalité de la protection".
Le ministère va maintenant relayer les collectivités locales auprès de l'Unesco, seul un Etat étant habilité à saisir l'organisation internationale. Il devra déposer sa demande avant le 31 janvier 2007 pour une inscription effective d'ici juillet 2008.
Entre-temps, les experts de l'UICN auront un an pour vérifier les critères de classement.
L'enjeu est important pour la France dont aucun site classé "ne concerne à la fois le patrimoine marin et l'Outre-mer", note le ministère.
Pascale Chabanet relève surtout que sur 700 sites naturels inscrits au patrimoine de l'humanité, le Pacifique est peu présent et que seuls une dizaine de sites coralliens y figurent, dont les barrières d'Australie et du Belize, ou l'atoll d'Aldabra aux Seychelles.
En outre, ajoute-t-elle, "la Nouvelle-Caledonie ne serait que le deuxième des 700 sites à intégrer à la fois les récifs coralliens et la mangrove".