Jeudi 15 décembre 2005
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Les coraux ont fait tampon lors du tsunami en Asie Là où elles étaient suffisamment préservées, les barrières de coraux ont protégé le littoral lors du tsunami qui a ravagé les côtes de l'Océan indien en décembre 2004, rapporte jeudi l'Union mondiale pour la nature (UICN). Le revers de la médaille, note cette ONG scientifique réputée dans un rapport, fut que les barrières coralliennes déjà endommagées ont particulièrement souffert du raz-de-marée et peinent depuis à se reconstituer. Ces conclusions émanent d'un rapport de l'UICN et du programme international sur la dégradation des barrières de corail dans l'Océan indien (Cordio). "Les conséquences du tsunami ont été moins sévères, pour les coraux et les populations, là où les barrières avaient été gérées avec soin", constate Jerker Tamelander, l'un des auteurs du rapport cité dans un communiqué, évoquant notamment le cas de la zone protégée de Hikkaduwa au Sri Lanka. De même, la Bar Reef sri-lankaise, bien que considérablement endommagée par le phénomène climatique El Nino en 1998, a pu se relever des dégâts subis beaucoup plus rapidement qu'ailleurs grâce à une gestion avisée, poursuit-il. El Nino avait entraîné la mort de 90 % des coraux de l'Océan Indien, rappelle l'UICN. "Ces découvertes mettent en évidence l'importance de coraux en bonne santé (qui) peuvent alors jouer leur rôle de tampon" face aux catastrophes, estime-t-il. Les deux organismes rappellent qu'un tiers de la population mondiale (2,2 milliards d'humains) vit à moins de 100 km d'une barrière de corail et qu'en Asie du Sud-est, plus de 70% de la population réside dans une zone côtière. L'UICN a évalué à 1,5 milliard de dollar par an la protection des littoraux et des coraux dans l'Océan Indien, relevant que les barrières coralliennes rapportent près de 30 milliards de dollars par an de bénéfices nets grâce aux activités touristiques et de pêche notamment qu'elles engendrent. "Les coraux, constamment attaqués par la surpêche, la pêche à la dynamite, le ramassage ou la pollution, sont davantage exposés aux risques des désastres naturels à venir liés au changement climatique", indique M. Tamelander, le coordinateur des recherches UICN-Cordio en Asie du sud. Le directeur du programme marin de l'UICN, Carl Gustav Lundin, insiste lui aussi sur l'impact du réchauffement climatique qu'il qualifie de "principale menace à l'échelle mondiale" pesant sur les barrières coralliennes en raison du réchauffement des océans, funeste aux coraux. Le rapport du programme Cordio, co-financé notamment par la Finlande, les Pays-Bas, le WWF et divers fonds privés, a nécessité deux ans de travaux et mobilisé 50 chercheurs en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et en Europe, précisent ses auteurs. |